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Ho’oponopono : L’Unihipili ou subconscient, la clé de tout (2)

            Si nous réalisions le nombre de choses dans notre vie dont nous ne sommes pas conscients nous nous rendrions compte qu’en fait nous avons contrôle sur bien peu de choses dans notre quotidien et cela nous inciterait sans doute à l’humilité. Nous sommes prêts à tout pour défendre les frontières de notre ego auquel nous donnons le nom de « personnalité » mais lorsque quelque chose se casse soudain : un AVC, un burn-out, une séparation, un cancer, un problème quelconque, nous accusons toujours l’extérieur.

Faut-il vraiment attendre que ça casse ?

            Et pourtant, c’est dedans que ça se casse, la preuve c’est que lorsque c’est définitivement cassé il n’y a plus rien alors que rien à l’extérieur n’a changé. Quelque chose s’est juste produit en deçà de notre conscience : un abus sur notre propre organisme, une incompatibilité relationnelle, une contradiction dans nos valeurs, l’ignorance d’un signal d’alarme,…

            Que s’est-il passé ? Manque d’humilité, manque d’écoute, manque de communication. Combien de fois tendons-nous l’oreille dans une journée pour écouter le langage sans parole de notre inconscient. Nous passons sans doute des heures sur les réseaux sociaux qui représentent notre système nerveux extérieur mais combien de temps passons nous à communiquer avec notre système nerveux interne ?

            Nous considérons notre organisme comme une voiture. C’est le jour ou ça fait du bruit, lorsque ça tombe en panne ou que ça crève qu’on réalise qu’il faut voir de près ce qui se passe. Le coprs, c’est pareil, ça se déplace sur des jambes, ça respira, ça mange, ça digère, tout est transparent, invisible, ça marche tout seul. Mais qui gère tout ça puisque nous n’en serions pas capables. Et en plus c’est merveilleusement bien fait. Au point qu’on n’a même pas à se poser de question. C’est l’une des seules choses pour lesquelles on a la foi : la bonne marche du corps. Inutile de se demander : est-ce que c’est divin ? C’est quoi qui respire ? D’où vient le renouvellement cellulaire ? Pourquoi y a-t-il un équilibre entre les globules rouges et les globules blancs ? Nous prenons la vie pour une évidence et en général ce n’est même pas dans un esprit de gratitude…

Vers l’unité du « monde ».

            Ce « serviteur fidèle » c’est lui aussi qui permet que les planètes ne tombent pas les unes sur les autres, que nous disposions de l’oxygène qu’il nous faut pour respirer, qui ère les lois de la pesanteur, d’attraction, le spectre des couleurs, l’action de la vue, de l’ouie et de la sensation. Si on observe, l’inconscient est dedans mais il est aussi partout puisque nous n’avons pas besoin d’être conscients de tous les phénomènes naturels qui nous entourent et qui se produisent dans notre corps pour continuer à vivre.

            L’inconscient est multidimensionnel, son action est impensable par notre esprit conscient. C’est à la fois notre inconscience et notre zone d’impuissance. Alors que reste t’il comme attributions pour la partie consciente de notre existence. Je dis bien « la partie consciente de notre existence » parce que considérer que tout est localisé dans notre cerveau et dans notre tête, c’est une théorique qui reste encore à prouver. On pourrait par exemple considérer que cette partie de nous n’est qu’un modem ou une antenne et que finalement nous sommes baignés dans le réseau et que la frontière entre notre intérieur et notre extérieur n’est qu’une illusion.

            Inutile de trancher, ça ne servirait à rien, par contre si l’on se contente de rester neutre il convient de poser la question en termes pratiques. Pour cela, il faut se demander quelles sont les attributions du domaine conscient et de celui du domaine qui échappe à notre conscience. Ne pensons plus en termes d’espace mais dans une perspective d’action et d’opération. Il est clair qu’il y a une partie que nous pensons contrôler et une partie qui échappe totalement à notre contrôle. La partie qui contrôle a une tâche de gestion binaire assez limitée par contre elle serait incapable de prendre en charge toutes les tâches de ce qui se produit en deçà de la conscience. C’est humainement impossible. Il faut donc bien comprendre que rendre conscient ce qui est inconscient est une illusion.

Comment négocier avec le subconscient ?

            Ce n’est donc pas en ces termes qu’il faut raisonner mais en termes d’attributions et de communication. Comme le Yin et le Yang, les deux zones possèdent un fonctionnement distinct mais complémentaire. Pour que les échanges entre ces deux parties de la vie se fassent harmonieusement il faut renoncer à une conception autoritaire du contrôle. Il suffit de comparer les attributions respectives pour comprendre que le conscient n’est pas en position de force et que la négociation est la seule solution.

            Quelle est la base de cette négociation entre les deux interlocuteurs concernés, que doit dire le conscient à cette partie silencieuse et invisible qui possède de telles compétences et un tel pouvoir ?

            1) Je reconnais le travail énorme que tu accomplis.

            2) Je sais que sans ce que tu fais je serais incapable de vivre.

            3) Je ne suis pas là pour te contrôler mais pour communiquer avec toi.

            4) J’ai compris que mon rôle c’est juste de te faire part de mon intention de bonheur.

            5) Ce que j’appelle « intention de bonheur », ce sont mes objectifs de vie.

Gratitude et respect

            Notre relation au subconscient est une vieille histoire qui repose sur une relation de méfiance. Il suffit de se tourner vers la religion, l’hypnose et la suggestion pour voir que la collaboration entre ces deux constituants de notre réalité est loin de la confiance et du respect. Toutes les religions ont tendance à considérer ce qui est sous la conscience comme un territoire dangereux, habité par les démons. On parle de « sacré cœur », de « prière du cœur » sans reconnaître que les battements de cet organe plongent dans l’inconnu de la même manière que tout ce qui est considéré comme tabou. Les racines de l’hypnose considèrent les choses de manière moins rigide mais elles ont tendance à proposer de mettre en communication le conscient et l’inconscient un peu à la manière dont un cambrioleur pénètre dans une maison. On endort le chien de garde avant de rentrer. La suggestion donnerait l’impression d’un peu plus de neutralité, néanmoins, il faut voir qu’elle considère le subconscient comme une créature débile ou comme un robot que l’on ne peut reprogrammer que par la répétition.

            Ces 3 attitudes reflètent un manque total de respect et de gratitude envers la partie de notre univers qui opère au-dessous du seuil de notre conscience. Qu’un minuscule échange se produise de travers dans cette zone invisible et l’harmonie globale de notre vie peut sombrer dans le chaos ou le néant. Toute maladie et tout problème résulte d’un manque d’harmonie entre ce qui se passe au niveau conscient et subconscient. Le conscient n’est qu’une tête d’épingle au niveau des attributions, pourquoi devrait-il se donner le premier rôle et se considérer comme supérieur.

Ho’oponopono-Aloha, le retour « à la maison »

            Pour rétablir cette relation, le « Ho’oponopono-Aloha » propose une approche non violente qui demande en premier lieu une reconnaissance lucide de toutes les tâches que notre partenaire invisible accomplit pour soutenir notre présence ici. Ce travail parfait qui opère jour et nuit ne mérite t’il pas notre gratitude ? Quel que soit le nom que l’on donne à cette instance de gestion discrète, il est indispensable de reconnaître sa place et d’exprimer notre reconnaissance. C’est peut-être là qu’il faut localiser le premier destinataire du fameux « Merci » du Ho’oponopono.

            N’est-ce pas à cette partie de la vie que nous devons demander pardon : ni robot, ni chien de garde, ni partie mécanique de nous-même, ne devons-nous pas lui adresser en premier lieu ce « Pardonne-moi » que nous pensons devoir adresser à d’autres ? Enfin, pouvons-nous imaginer que cette partie qui œuvre sans cesse dans notre intérêt mais aussi dans celui de tout l’univers refusera d’accepter notre prise de conscience soudaine et notre repentir ? Il est là le secret de ces 4 phrases qui ne sont pas un mantra. C’est la formule magique de l’humilité qui permet le « retour à la maison », c’est-à-dire à l’harmonie originelle. La fin d’un rapport hiérarchique, une communication non violente, dans la complémentarité reconnue et le respect qu’elle implique : Heureux les humbles car ils hériteront de la terre.

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